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Cinéma

17 mars 2018

Je me suis pris une claque dimanche dernier en allant voir Phantom Thread.
J’ai tendu l’autre joue aujourd’hui avec Call me by your name.

Ça n’a pas raté.

Phantom Thread est incroyablement filmé, d’une grande beauté instable, une élégance engoncée. C’est une vie torturée, un caractère pervers, une exigence corsetée qui explose avec une rencontre.
L’amour dénoue l’existence contrôlée. Le film est rythmé par cette lutte anxiogène acharnée entre l’abandon et la maîtrise.
Le balancement entre la passion, l’usure, le temps, l’oubli, la porosité, l’effacement.
Asphyxiant et libérateur, légèrement déstabilisant, pluvieux, pastel.
La tartine grillée dans les oreilles.
Désirer le poison.

Call me by your name est sublime, extrêmement sensuel et légèrement déchirant. Je ne suis pas très originale en écrivant ça maintenant…
C’est un film qui va crescendo, en commençant par une langueur rayonnante et simple, innocente, qui s’étend, jusqu’au basculement irrépressible et éclatant.
C’est irradiant de soleil, du jus sucré des fruits du verger dense dans une villa italienne qui transpire les livres et le confort, la culture jusqu’au cliché. Les langues mêlées, l’américain inélégant, les sonorités de l’italien, le français, l’anglais, l’allemand.
On y est bien, et on pourrait s’y ennuyer des heures, des jours, des semaines.
Il y a les éclats de l’eau, une bienveillance presque excessive chez tous les personnages avec leur bonté tendre et leur humanité intelligente.
Et la passion qui naît, grandit, ronge, étouffe, élance, libère, détruit, illumine. La chance incroyable de connaître, d’avoir connu, ce degré d’intensité d’amour partagé, qui se garde comme un écrin brulant à travers les larmes.

Je n’ai pas de troisième joue.
Mais je vais y retourner.

#LeCinémamAvaitManqué