Psittacisme et dégénérescence.

De manière générale, j’accuse cette tendance fourbe et destructrice de la part des médias, des politiques, des citoyens.

Cette facilité à être un perroquet, insulte l’intelligence critique.

J’en veux pour exemple la très récente petite polémique sur les propos du ministre de l’éducation nationale, qui a entrainé un démenti de Matignon.

Voyez plutôt :
Dimanche 14 octobre, 19h24, sur France Inter, Vincent Peillon expose son plan de réformes de l’Éducation nationale dans l’émission « Tous politiques ».
Une question lui est posée, sur les accusations portées par la droite de permissivité de la part des verts, et du Parti Socialiste sur la drogue. Comme sujet d’actualité. Le ministre répond, il a une langue, un avis, et un devoir de s’exprimer s’il considère que c’est important.
En l’espèce : c’est une question qui se pose sérieusement, du point de vue de la sécurité, et de l’ordre public, de la pertinence des moyens de lutte contre ces trafics.
On peut lutter par les moyens de la répression : il est absolument pour. Il a même fait voter le renversement de la charge de la preuve en France pour démanteler les gangs. Mais force est de constater que c’est insuffisant.
Alors, reconnaissons qu’il est juste que la question se pose. Cette intervention courte, pertinente, efficace, ne remet pas en cause la position gouvernementale ou encore celle du PR clairement contre la légalisation. Cette intervention du ministre de l’Éducation nationale, pose les interrogations qui doivent animer ce débat qui existe dans la société, relativement à l’ordre public, et à la nouvelle génération qui dans nos écoles aujourd’hui aura à hériter des conséquences des choix politiques qui sont fait dans ce gouvernement. Il convient donc de ne pas s’aveugler, et de permettre la question.

Cependant, quelqu’un a brillamment dit : un ministre, ça ferme sa gueule ou ça démissionne.

Alors, soumission à l’autorité complète et stricte, alignement exact, unité jusqu’à exterminer la singularité ? Utopie irrationnelle, surtout.
Un ministre, c’est un individu qui lorsqu’il se positionne publiquement ne doit pas mettre en péril la solidarité gouvernementale. Il se doit d’être exemplaire, réfléchi.

S’il a une conviction profonde, qui diverge suffisamment de la ligne gouvernementale qu’il ne puisse pas en réprimer l’expression publique. Que cette conviction exprimée fait vaciller sévèrement la cohérence du gouvernement, alors, il doit démissionner.

Mais si un membre du gouvernement, sur une question d’actualité, indique qu’une question mérite d’être posée, alors même que la solution semble tranchée par le gouvernement, il est de l’intelligence collective de le respecter. Car cette expression singulière ne remet pas sévèrement en cause la solidarité gouvernementale, et apporte au débat public le nécessaire questionnement critique et citoyen.

Qui n’a pas d’adversaire n’a pas de pensée.
Nécessairement, lorsque l’on s’exprime, ou que l’on agit ; on ne peut contenter tout le monde.

Or, psittacisme il y a, lorsque à partir d’un billet absolument biaisé du Lab (Europe 1, quoi…) et dont le titre « Le plaidoyer de Vincent Peillon pour la dépénalisation du cannabis » déforme et amplifie les propos du ministre afin de porter préjudice à la position de François Hollande contre la légalisation, en faisant croire à une fronde d’un de ses principaux ministres. Grotesque mise en scène, qui se vide de son sens à la simple écoute des deux infimes minutes de l’émission de radio qui y sont consacrées. Le Lab, repris par Vincent Glad, et Larrouturou amorcent un buzz, et une illustration de la confusion mentale complète dans laquelle la léthargie critique des perroquets croupit.

Le citoyen, que voit-il ? Le titre. Et des relais d’une crédibilité contestable mais suffisamment implantés pour créer de l’opinion, dans une bonne foi arguée, qui frise la grande bêtise.

Le politique que fait-il ? Face au buzz, à l’incompétence médiatique de dire la vérité des faits, il gère la crise. Le malheur, c’est qu’au milieu de reprises justes par certains médias, des propos du ministre, ce sont les articles qui en déforment les propos qui ont fleurit.

Le politique est pris au piège d’un cercle vicieux intolérable à la raison critique. Apprenez, que l’efficacité et la cohérence supportent les questions et l’esprit critique. Un ersatz de liberté seulement, habiterait le pouvoir s’il s’imposait la critique édulcorée et fictive, sur les sujets d’ordre public, d’une gravité qui dépasse le sociétal.

Alors Matignon recadre, dans une triste nécessité. Parce que pour ne pas le faire il faudrait parier sur l’intelligence collective, et que visiblement, si c’était le cas, ça se verrait…

Alors, vivement l’école. La morale laïque. L’esprit critique et la philosophie dans le cœur des hommes de demain. Quels que soient leurs convictions, ils ne se laisseront pas abuser, et éviterons la métaphore animale du mouton, ou du perroquet.

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