La liberté, c’est le changement.

(J’imagine que ceux qui vont lire ça, ont déjà une idée de leur vote, que je ne vais convaincre personne. Mais c’était juste pour faire un billet un peu politique.
Bisous.)
Il m’a semblé être de l’ordre du devoir citoyen, dans cette période d’hésitation peut-être, de tension certainement, de latence en tout cas, de partager un peu de cet avis que l’on s’amuse tous à donner sur la conjoncture politique, et sur l’orientation que l’on va choisir, bientôt, pour notre mère patrie et notre avenir.

Je n’hésite pas.
Je n’hésite plus.
J’ai arrêté d’hésiter au soir du 22 avril 2012, quand le choix qui se dessinait sous nos yeux sur les écrans de la cour de Solférino, est devenu l’évidence.

Hollande doit gagner, Sarkozy doit perdre, et le résultat doit lui faire bien mal.

Il y a cet échec, celui de Mélenchon.

Celui de n’avoir pas réussi à élever le citoyen, de l’avoir fait adhérer à un discours intelligent. De ne pas avoir ramené les abstentionnistes, et les contestataires de droite à l’esprit critique politique.

J’y ai cru, parce que c’était beau, parce que c’était vrai, parce que c’était enthousiasmant, et parce qu’il y avait de la ferveur et du contenu.

J’ai cru à la politisation du peuple, j’ai cru à l’hypothèse d’une France de gauche.

Mais en fait, ce n’est pas possible par la campagne présidentielle.

En effet, Mélenchon et ses 11%, c’est en fait une victoire. Il ne pouvait, dans ce contexte, espérer mieux. Ceux qui y ont cru, j’en suis, se sont pris une douche froide, douloureuse, mais un électrochoc qui réveille le 22 avril.
Un Front National implanté, et arrosée de Sarkozysme décadent pendant ce dernier mandat, dans une France bercée par des normes de droite depuis des années, ne peut se tuer par une élection.
Le temps est une composante nécessaire à ce combat.
Ce n’est pas si évident, une bataille culturelle ; ce n’est pas une présidentielle qui déloge des consciences des années de sape intellectuelle. Mais cet évènement ouvre les yeux, et permet d’esquisser l’avenir à travers une nouvelle vision politique qui s’implante clairement, par un combat de gauche, profond, sur cette ligne que Mélenchon trace.

Pour faire renaître le politique dans les consciences, il faut les éduquer, les sensibiliser, et leur donner les moyens de s’exprimer.

Il faut donc, d’abord, changer le désordre du monde.

La cinquième République n’y est pas pour rien. Les années de droite au pouvoir n’y sont pas pour rien. La destruction méthodique de l’école n’y est pas pour rien. L’abaissement national opéré par le piétinement des valeurs républicaines et du respect de la culture, du savoir, de l’intelligence n’y est pas pour rien.

Ils ne sont pas irresponsables et maladroits. Ils ne sont pas seulement gaffeurs, idiots, et incompétents.

Il y a une conscience de la destruction des repères pour les remplacer par d’autres.

La droite n’était pas assez implantée culturellement, il a fallu que les restes révolutionnaires et gauchistes, soient balayés par le libéralisme effréné.

Liberté ? Non. Sécurité par le contrôle, le fichage.

Égalité ? Non. Communautarisme, discrimination réelle, et discrimination positive.
Solidarité ? Non. Concurrence, égoïsme.

Fraternité ? Toujours pas. Quel est ce mot dans la bouche de la droite ?
Cinq années de sarkozysme ont renforcé la conscience de classe des riches, qui savent où sont leurs intérêts. Cinq années de sarkozysme ont renforcé la démagogie du débat public, le mensonge, la mauvaise foi du discours politique, et les promesses dans le vent.

Cinq années de sarkozysme ont affaibli la France, ses valeurs, celles de la révolution, celles de la République. Cinq années de sarkozysme ont affaibli l’énergie de conviction du peuple. Or « un pays qui n’a que des opinions en change au gré de ses caprices ou de ses intérêts. Un pays qui aura des convictions ne se les laissera arracher ni par la peur des sacrifices à faire ni pas le spectacle du long triomphe de l’injustice. »*

Il faut maintenant se battre dans la dernière ligne droite. Une élection ne se fait pas dans la nuance, et Sarkozy l’a compris. Il fonce droit dans la fiente du  Front National pour espérer en récupérer des miettes, sans honneur, sans dignité, il se roule dans l’ignominie, poussé par la peur de la défaite, l’angoisse de l’avenir, et l’envie, l’envie malsaine et dévorante qu’on sens venir de ses tripes, d’avoir entre ses mains le pouvoir. Encore et toujours le pouvoir, maladivement le pouvoir.

Alors faites votre conviction et ne trainez pas à mobiliser vos familles, vos amis, vos voisins, vos collègues. Ne vous jetez pas sur les sarkozystes avec des argumentaires rationnels, ils ont déjà fait leur choix, et votre énergie est précieuse. Allez voir ceux qui doutent, ceux qui s’abstiennent, ceux qui hésitent. Ouvrez les yeux de vos proches, prenez le risque d’en parler, parce que c’est crucial.

Demain, c’est la France qui sombre, ou la France qui se relève. L’effort collectif qui devra être fourni pour le changement est incontestable. Oui, être de gauche est plus difficile, c’est plus complexe, et ça demande quelques sacrifices. Mais c’est tellement plus enrichissant, positif, et sain.
Les passions qui nous animent, que nous soyons de gauche ou de droite, ont normalement une base commune républicaine.

Historiquement, la République est venue par la gauche.

Et le triste spectacle auquel on assiste aujourd’hui, c’est un glissement de la droite Républicaine classique, à une extrême droite inspirée par le Front National.

L’électeur ; préfère l’original à la copie, et on le voit, clairement : 6,4 millions d’électeurs du FN en 2012 ; 4,8 en 2002 ; 3,8 en 2007.

Chaque citoyen est plus ou moins attiré par des discours visant à faire ressortir les sombres passions, les égoïsmes, les peurs, les réflexes de protection, de haine.

Démocratiser la haine, attiser la violence, c’est prendre le risque d’abaisser le Pays à ses plus bas instincts.

Élever le pays, élever le peuple, démocratiser le sens critique, la méfiance vis à vis des promesses et de la démagogie facile, mais surtout valoriser l’investissement citoyen, ce sont des objectifs à atteindre. Par la gauche, pour la France.

On le sait.

« La démocratie ne consiste pas à mettre épisodiquement son bulletin dans l’urne, à déléguer les pouvoirs à un ou plusieurs élus, puis se désintéresser, s’abstenir, se taire, pendant cinq ou sept ans. (…)

La démocratie n’est efficace que si elle existe partout en tout temps. Le citoyen est un homme qui ne laisse pas aux autres le soin de décider de son sort commun.

Il n’y a pas de démocratie si le peuple n’est pas composé de véritables citoyens, agissant constamment en tant que tels. » Mendès.

Alors il faut combattre, aujourd’hui pour la victoire de François Hollande, et demain après sa victoire, pour permettre le changement, pour permettre la démocratie et redonner des couleurs à notre pays, des couleurs d’amour, des couleurs de gauche, des couleurs de force de conviction et de combat pour l’avenir.

Vous le savez, « la République ne manquerait de rien s’il ne lui manquait pas des républicains. »*

Vous êtes des républicains, alors dimanche soyez responsable. Votez.

Votez François Hollande.

PS : J’en profite pour vous recommander l’excellente analyse de la stratégie Front contre Front de Mélenchon qui n’a pas fonctionné par David Djaiz mais également l’article qui démontre par les chiffres que l’immigration est une chance pour la France sur Courrier International et enfin un excellent débat sur l’éducation face à face Chatel / Peillon pour se faire un avis.

*citations de Ferdinand Buisson

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